La loi : relations patrimoniales entre époux, 1973
Contexte historique
La loi israélienne sur les relations patrimoniales entre époux de 1973 est entrée en vigueur le 1er janvier 1974, remplaçant le droit antérieur établi par la loi sur l'égalité des droits de la femme de 1951. L'ancienne loi reposait sur la « présomption de communauté » — l'hypothèse selon laquelle les biens acquis pendant le mariage appartiennent à parts égales aux deux conjoints. La loi sur les relations patrimoniales a instauré un cadre plus clair, avec la possibilité pour les conjoints de définir leur propre régime au moyen d'un contrat de mariage.
La loi s'applique à tout couple marié à compter du 1er janvier 1974. Les couples mariés avant cette date sont soumis au droit antérieur (présomption de communauté).
Article 3 : la liberté contractuelle
L'article 3 de la loi consacre le principe central : les conjoints peuvent déterminer leurs relations patrimoniales par un contrat de mariage. Le contrat peut porter sur toute question financière — biens, dettes, retraites, entreprises, successions, et plus encore. Le principe de liberté contractuelle permet aux conjoints d'élaborer un régime sur mesure reflétant leurs circonstances propres.
Article 5 : le régime de répartition des ressources (régime supplétif)
En l'absence de contrat de mariage, l'article 5 s'applique — le régime de « répartition des ressources ». En vertu de cet article, à la dissolution du mariage (divorce ou décès), chaque conjoint a droit à la moitié de la valeur de l'ensemble des biens du couple, à l'exception des biens non soumis à répartition.
Il est important de comprendre que la répartition des ressources n'est pas un partage matériel des biens. Il s'agit de calculer la valeur de tous les biens et d'effectuer un versement de compensation — de sorte que chaque partie reçoive la moitié de la valeur totale.
Article 5(a) : les biens non soumis à répartition
L'article 5(a) définit les biens exclus de la répartition des ressources :
- Les biens appartenant au conjoint avant le mariage
- Les biens reçus par donation ou succession pendant le mariage
- Les prestations versées à l'un des conjoints par l'Institut national d'assurance
Cependant — et c'est là le point crucial — l'arrêt BA'M 5620/24 (2025) a établi que même les biens « non soumis à répartition » peuvent être partagés si les conjoints les ont traités comme des biens communs. La protection de l'article 5(a) n'est donc pas absolue sans contrat de mariage.
Article 8 : la dérogation au partage égalitaire
L'article 8 permet au tribunal de déroger au partage égalitaire « s'il constate des circonstances particulières le justifiant ». Le tribunal peut attribuer à l'un des conjoints plus de la moitié des biens, par exemple :
- Lorsqu'un conjoint a dilapidé de mauvaise foi les biens communs
- Lorsqu'il existe un écart significatif de capacité de gain
- Lorsque le mariage a été de très courte durée
Article 15 : la compétence internationale
L'article 15 fixe les règles de compétence internationale : le tribunal israélien est compétent pour connaître des relations patrimoniales entre époux si l'une des conditions suivantes est remplie :
- Les deux conjoints sont des citoyens israéliens
- Les deux conjoints sont des résidents israéliens
- Le bien est situé en Israël
- Le mariage a été célébré en Israël
Cet article revêt une importance particulière pour les nouveaux immigrants et les couples binationaux, susceptibles d'être soumis au droit de plus d'un pays.
Principales modifications
La loi a fait l'objet de plusieurs modifications depuis son adoption, notamment l'élargissement de la définition des « biens » pour y inclure les droits à la retraite, le fonds de commerce et les licences professionnelles. L'amendement 4 (2008) a ajouté la possibilité de procéder à la répartition des ressources même en l'absence de divorce, lorsque quatre années se sont écoulées et que les conjoints vivent séparément.
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